Turquie : carrefour entre l’Europe et l’Asie
Turquie : carrefour entre l’Europe et l’Asie

Turquie : carrefour entre l’Europe et l’Asie

Située à cheval sur deux continents, entre Europe et Asie, la Turquie est une mosaïque culturelle unique mêlant héritages byzantin, ottoman et modernité républicaine.

Marquée par un paysage diversifié, de la côte méditerranéenne à l’Anatolie, elle est une république laïque à majorité musulmane, réputée pour son hospitalité, sa cuisine riche, ses traditions (hammam, derviches tourneurs) et une histoire archéologique très dense.

Avec une telle diversité, le pays a de nombreuses beautés à nous révéler. En route …

Ayvalik

Dimanche 22 février, après avoir avalé plus de 300 kilomètres, nous nous arrêtons dans la ville d’Ayvalik, sur un parking en bord de mer. Nous avons roulé une grande partie du trajet sur la Départementale qui offre de jolis points de vue sur la mer. Que ça fait du bien de voir le soleil et ces nouveaux paysages ! L’état des routes est tout à fait correct et les turcs sont plutôt courtois au volant.

Après souper, on se jette dans les plumes. Demain, nous avons 2h30 de route pour arriver au site archéologique d’Ephèse.

Site archéologique d’Ephèse

Lundi 23 février, nous arrivons sur le site archéologique. Ephèse était une ville de la Grèce antique, située sur la côte de l’Ionie. Dans les temps anciens, la ville était située directement sur la mer. En raison de la sédimentation et des changements climatiques et sismiques, le littoral s’est déplacé vers l’ouest au fil du temps, si bien que les vestiges de la ville se trouvent désormais à plus de 9 kilomètres à l’intérieur des terres.

La ville était célèbre à son époque pour son temple d’Artémis qui a été désigné comme l’une des 7 merveilles du monde antique. Ses nombreux bâtiments monumentaux comprenaient la bibliothèque de Celsus et un théâtre, actuellement en pleine rénovation, pouvant accueillir 24 000 spectateurs.

Aujourd’hui, les ruines d’Éphèse sont l’un des plus importants sites archéologiques du monde, le site est vraiment gigantesque. Les fouilles ont permis de découvrir énormément de choses sur la vie de l’époque et les ruines, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2015 sont visitées par des millions de visiteurs chaque année. Et on comprend pourquoi, c’est magnifique ! Par contre, on se rend vite compte que la Turquie est un pays cher, 5€ le parking, 40€/pers pour l’entrée et 25€ pour 2 sandwiches et 2 cookies. Ca cogne …

En fin de journée, nous reprenons la route et nous nous arrêtons dormir près de la ville d’Akbük. Après ces quelques jours d’intenses réparations dans Gru et ces 2 journées bien chargées en kilomètres, nous nous offrons 3 nuits dans un bel hôtel à Bodrum pour décompresser. Ca va nous faire du bien de ne rien faire …

Bodrum

Mardi 24 février, la route qui nous mène jusqu’au centre de Bodrum est magnifique, elle serpente le long de la mer. Par contre, il faut respecter les limitations de vitesse, car il y a de nombreux radars et des contrôles de police très fréquents.

Notre hôtel n’est pas dans Bodrum mais dans la baie tout au sud, au milieu de nulle part. Nous suivons les indications du GPS et nous tombons sur une route barrée pour cause de travaux. Nous trouvons une alternative mais là aussi, route fermée. Depuis notre arrivée en Turquie, nous avons constaté que le pays avait subi de grosses inondations et des routes se sont littéralement effondrées. Et par ici, ils n’ont pas non plus échappé aux fortes intempéries.

Le plan C nous fait passer à travers un complexe hôtelier, sur des routes bien défoncées et surtout très pentues. Bref, on arrive finalement à notre hôtel mais tendus comme des arbalètes. Heureusement, le complexe est magnifique et on est presque seuls. Le maître-mot de ces 3 prochains jours : farniente.

A bientôt …

Muğla

Vendredi 27 février, après 3 jours relax dans notre bel hôtel, il est temps de reprendre la route. Histoire de ne pas nous refaire l’affreuse route pleine de travaux de l’aller, nous passons cette fois-ci par l’autre côté de la baie.

Nous roulons jusqu’à Muğla et décidons de nous arrêter dans un garage pour changer 2 pneus qui commencent à manquer de relief. Comme nous allons en Cappadoce, région qui se situe à 1’000 mètres d’altitude et qu’il y neige ces jours, nous préférons avoir des pneus neufs. Nous trouvons un premier garage mais l’accès n’est vraiment pas trop et surtout les gars ne parlent pas un mot d’anglais. Nous poursuivons notre chemin et tentons notre chance dans un deuxième garage. Un des turcs parlent un peu anglais et décide de nous prendre sous son aile. Depuis notre arrivée en Turquie, nous avons tout de suite été séduits par la gentillesse et le côté très amical des locaux.

Ils nous trouvent 2 pneus 4 saisons et sont d’accord de les changer sur le champ. En contrôlant nos 2 autres pneus, nous constatons qu’il y a une entaille profonde dans l’un d’entre eux. Malheureusement, il n’est pas possible de ne changer qu’un pneu, même si l’autre est toujours bon. Après discussion et vu que nous allons encore faire beaucoup de kilomètres d’ici la fin de notre road-trip, nous décidons finalement de changer les 4.

Comme le type est vraiment sympa, nous lui demandons s’il connaît un endroit où acheter un nouveau tapis de sol pour le poste de pilotage car le nôtre est complètement cuit. Il fait quelques téléphones et une fois que nos pneus sont changés, nous le suivons jusqu’à un magasin d’accessoires automobiles à quelques kilomètres du garage. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, le proprio part fouiller au fond de son stock et nous trouve un tapis de sol pour Fiat Ducato qui va parfaitement. Salut l’ami et un énorme merci pour ton aide et ta gentillesse ! Nous reprenons la route avec 2 bonnes heures de retard sur notre planning initial mais avec 4 pneus neufs.

Datça

Ce soir et demain, nous avons prévu de dormir dans la petite ville de Datça sur la presqu’île du même nom. La route qui nous amène à destination est superbe et nous profitons un superbe coucher de soleil sur la mer et les collines boisées. Une nature brut et sauvage !

Nous n’avons plus une goutte dans le réservoir lorsque nous arrivons à Datça alors nous sommes heureux de trouver enfin une station-service pour faire le plein. C’était juste !

J’ai trouvé un spot sympa sur une petite presqu’île et nous nous y parquons. Nous sommes morts de faim et bien crevés alors nous rentrons dans le premier bistrot pas trop mal noté. Même si l’endroit est un fast-food un peu glauque fréquenté par quelques locaux qui fument à l’intérieur, nous sommes bien accueillis et on nous sert avec le sourire. La spécialité du lieu, une grosse patate farcie avec les aliments de notre choix. Pas de la grande cuisine, mais ça fera l’affaire pour ce soir.

En revenant au camping-car, nous passons devant un café qui passe de la musique avec de bonnes grosses basses qui vont nous tenir éveillés jusqu’à minuit. Une fois la fête terminée, la nuit sera plutôt tranquille.

Samedi 28 février, Marcel profite du beau temps pour ressouder 2 fils de son installation contre le froid dans la soute qui n’ont pas tenu le coup avec les les nombreuses vibrations durant les kilomètres parcourus. Vu les températures glaciales annoncées en Cappadoce, il était indispensable de réparer ceci avant notre arrivée sur place mercredi prochain.

En début d’après-midi, nous partons nous balader sur le front de mer. Nous découvrons une jolie petite ville de pêcheurs bien animée même à cette saison. Les turcs aiment profiter du soleil et prennent le thé sur les terrasses.

Après un petit détour par le barbier pour couper cheveux et barbe du Marcelo, nous faisons quelques achats de produits locaux, comme les amandes de la région vendues sous toutes ses formes. Puis, direction un bon petit restaurant qui sert de la cuisine traditionnelle. Enfin ! Et nous ne sommes pas déçus, le proprio est super sympa et nous sert une cuisine maison très savoureuse.

Nous partons ensuite au Datça Viticulture and Oenology, domaine qui propose des dégustations de vins locaux et qui se situe dans un magnifique moulin dont les vignes surplombent la mer. Comme toujours, nous sommes bien accueillis et dégustons 2 blancs, 3 rouges et un blanc semi-doux grâce à l’ajout de miel. Une jolie découverte des vins du terroir égéen et de ce bel endroit.

Et pour terminer la journée, nous partons découvrir le vieux Datça (Eski Datça) qui est le cœur historique et pittoresque de la ville. Nous découvrons ses ruelles étroites, ses maisons traditionnelles en pierre et ses bougainvilliers. Ce quartier authentique, situé à environ 1 kilomètre du port moderne, propose des boutiques d’artisanat, des cafés et une atmosphère paisible remplie de chiens et de chats. Autre chose à préciser sur les Turcs, en tout cas dans cette région, ils sont très gentils avec les animaux. Ils les nourrissent et les laissent s’installer partout, même sur les coussins des restaurants ou dans les hôtels. On adore !

Ce soir, nous changeons de spot pour dormir et trouvons un coin au bord d’une plage un peu en dehors de la ville. Espérons que ça sera plus calme. Bonne nuit …

Akyaka

Dimanche 1er mars, après une nuit tranquille sans musique de fond, nous profitons du beau soleil pour nous baigner dans la mer et chiller un peu sur la plage. Première baignade en Turquie et la température est plutôt agréable.

En début d’après-midi, nous reprenons la magnifique route de la péninsule de Datça et sommes toujours émerveillés par le paysage. Vers 15h30, nous arrivons dans la petite ville d’Akyaka que notre gentil garagiste de Muğla nous avait recommandé de visiter. Il y a un monde fou et des voitures parquées dans tous les coins.

Nous découvrons ce village balnéaire pittoresque au pied de la montagne Sakartepe et son bord de mer très fréquenté en ce dimanche ensoleillé. Après avoir goûté au délicieux mezgit ekmek (sandwich turc populaire composé de merlan frit servi chaud dans du pain, accompagné de citron, d’oignons et de salade), nous admirons les belles maisons en bois sculpté et les bords de la rivière Azmak aux eaux cristallines pris d’assaut par les pique-niqueurs. Une ambiance joyeuse et festive qui fait plaisir !

Ce soir, nous retournons sur le front de mer et mangeons un excellent repas au restaurant Mosso. Un cadre cosy, un accueil bienveillant, de très bons cocktails et une nourriture gouteuse, voilà le secret d’une douce soirée. Cette nuit, nous dormons sur le parking de la marina.

A demain …

Pamukkale / Hierapolis

Lundi 2 mars, nous partons en fin de matinée pour le parc naturel de Pamukkale et le site archéologique de Hierapolis. La route est incroyablement vallonnée et pleine d’épineux. On se croirait au fin fond du Canada, c’est magnifique.

Nous traversons le district de Kale de Denizli qui est réputé pour la culture des pois chiche et qui rassemble la majeure partie de la production turque mais aussi des piments consommés aussi bien frais que frits. De belles grappes séchées sont vendues dans les échoppes en bord de route. Nous nous arrêtons près du village de Tavas, sur la départementale pour changer de conducteur.

Nous sommes parqués devant la magnifique boutique UZEM Kuruyemiş qui vend des tas de spécialités locales. A peine rentrés dans le magasin, nous sommes happés par une dame qui propose de nous offrir une tasse de thé. Ici en Turquie, c’est une vraie tradition qui ne se refuse pas. 3 générations de dames nous accueillent les bras ouverts et comme je regarde les beaux piments séchés, elles proposent de nous les cuisiner. Allez, ça marche … Ils sont frits dans l’huile et se mangent avec du pain et du yaourt. Un régal ! Le tout servi avec une tasse de thé dont le mélange est fait par la mamie, il est vraiment délicieux ! Elles nous font ensuite déguster leurs noix et les confiseries. Nous repartons avec du piment moulu, un énorme sachet de thé et des pois chiche enrobés de chocolat. Elles nous offrent même un magnet de la région qui vient se joindre à notre jolie collection sur notre frigo. Un accueil tellement généreux et chaleureux, ça nous surprend toujours !

Nous arrivons à l’entrée sud du parc naturel de Pamukkale, qui signifie « château de coton » en turc. Cette phénoménale cascade blanche n’est pas de la neige, mais bien du calcaire, un phénomène 100% naturel qui existait déjà à la période romaine. Grâce à des sources chaudes riches en minéraux qui sortent de la montagne, cette eau ultra chargée en calcite s’évapore sur les falaises et créent des cascades pétrifiées et des bassins blancs. Le site d’Hierapolis a d’ailleurs été construit à côté de ce site naturel et ces grands bassins étaient utilisés pour le bain.

Nous posons nos chaussures et grimpons le long de cette curiosité. L’eau cristalline tempérée et les différentes formes façonnées sur la roche nous hypnotisent. Et nous avons de la chance, le temps est magnifique et il y a peu de monde. En lisant les avis d’autres visiteurs, le charme du lieu peut être très vite gâché par les innombrables visiteurs l’été et leurs perches à selfies pour faire LA photo Instagram. L’entrée du parc et le site archéologique coûte quand même 30€/personne mais vu la grandeur des lieux, le prix en vaut la peine.

Après avoir admiré les différents bassins depuis le sommet de la cascade, nous partons à la conquête de l’immense site antique de Hierapolis, créé par la dynastie des Attalides, rois de Pergame, vers la fin du 2e siècle av. JC. Passée sous le contrôle de Rome en 133 av. JC, Hierapolis a prospéré, a été détruite en l’an 60 par un tremblement de terre puis reconstruite. Nous admirons les vestiges de l’époque gréco-romaine qui comprennent, entre autres, des bains, une arche monumentale, une nécropole et un théâtre. Hierapolis est un exemple exceptionnel d’un ensemble thermal gréco-romain installé sur un site naturel extraordinaire.

Après une dernière visite au musée pour admirer quelques beaux sarcophages sculptés et plus de 12’000 pas sur site, nous redescendons par la cascade de calcaire. Et là, on a presque le site pour nous. Quelle merveille !

Ce soir, nous roulons quelques kilomètres et nous nous arrêtons manger une morce dans la petite ville de Bozkurt. L’endroit n’est fréquenté que par des locaux et nous nous installons à une table. Pas simple de comprendre la carte et le serveur ne parle pas anglais, comme la plupart des turcs que nous avons rencontrés. Un monsieur et son fils assis à la table d’à côté nous viennent en aide. Le monsieur parle très bien anglais et il nous conseille sur les plats à choisir. Ca sera une soupe de lentille en entrée, une assiette de boulette de viande et une espèce de pizza locale. Délicieux ! On échange un long moment avec le monsieur qui est originaire d’Antalya. Il nous propose même de nous faire découvrir sa région si nous venons dans le coin. Et il nous donne son numéro de téléphone et nous dit que nous pouvons l’appeler si nous avons le moindre souci en Turquie. Et oui, c’est comme ça l’hospitalité ici.

Cette nuit, nous dormons dans la ruelle d’un quartier résidentiel de la ville, près d’un parc pour enfants. Bonne nuit …

Mardi 3 mars, une longue journée de route nous attend. Afin d’être mercredi à Ortahisar en Cappadoce, dans la maison que nous avons louée pour une semaine, nous avons prévu de faire environ 550 kilomètres.

Et là, le paysage de l’Anatolie centrale est diamétralement différent de celui de ces derniers jours. Fini le panorama vallonné et les sapins, place aux plaines arides et toutes plates. Nous allons rouler presque 5h00 sur une départementale en ligne droite. Nous croisons quelques petites villes et faisons d’ailleurs une halte dans l’une d’elles en voyant des bouteilles de gaz à vendre dans un magasin. Nous avons essayé plusieurs stations-service mais elles ne vendent jamais de bouteille et elles n’ont pas le bon embout pour remplir notre bonbonne du Monténégro. Alors lorsque nous en apercevons au bord de la route, nous nous arrêtons.

Malheureusement, les deux tailles ne jouent pas. Il y en a une qui est trop large (elle ne passe pas dans le rangement des bouteilles de gaz) et l’autre est vraiment minuscule. Nous essayons de demander aux messieurs du magasin s’il existe d’autres tailles mais ils ne parlent pas anglais. Ils nous font signe d’attendre et appelle un autre monsieur qui se trouve dans son échoppe à thé de l’autre côté de la rue. Il traverse et vient à notre rencontre. Malheureusement, ils n’ont que ces 2 tailles de bouteilles. Le monsieur parlant anglais veut nous offrir une tasse de thé, alors nous le suivons. Il nous accueille dans son échoppe avec une grande gentillesse, nous explique qu’il appris l’anglais à l’école et qu’il parle aussi le russe car il a vécu et travaillé pendant 10 ans en Russie. Une rencontre spontanée et tellement bienveillante qui nous fait chaud au coeur. Ils sont vraiment incroyables ces turcs, souriants et toujours prêt à aider. Merci pour votre accueil et votre gentillesse Ugur, bonne suite à vous !

Nous poursuivons notre route et en fin de journée, nous arrivons dans la première grande ville que nous croisons depuis des centaines de kilomètres, à Aksaray où nous trouvons une place pour passer la nuit, à côté d’un joli parc. A notre arrivée, plusieurs chats viennent à notre rencontre, alors on leur distribue des croquettes. Bon app les copains !

Dans la soirée, y’a même une minette qui réussit à grimper sur le toit de Gru et qui va finalement passer un petit moment couchée sur les genoux de Marcel. Trop choupi !

A bientôt …

Ortahisar / Cappadoce

Mercredi 4 mars, nous roulons encore une heure pour arriver en Cappadoce, région dans laquelle nous resterons une semaine. A 1’200 mètres d’altitude, la neige recouvre les sommets, c’est magnifique. Avant d’arriver à notre location, nous nous arrêtons faire des courses et, en tant que bons suisses, nous les faisons à la Migros.

Pour la petite histoire, Migros Turquie a été créée à Istanbul en 1954 par la Migros Suisse, en partenariat avec la municipalité locale, pour importer le modèle de distribution à bas prix de Gottlieb Duttweiler, fondateur de nos magasins suisses. En 1975, la Migros Suisse a vendu toutes ses parts au conglomérat turc Koç Holding et, depuis cette date, les deux entités sont totalement distinctes. Niveau look, même couleur et logo, mais ici, le « i » est en minuscule.

En début d’après-midi, nous voici arrivés à Ortahisar, petite ville dans laquelle se trouve notre belle maison. Nous sommes accueillis par Suna et Osman, le couple de propriétaire qui habite à l’étage. La maison est super grande et moderne. Nous aurons toute la place nécessaire pour accueillir Christiane, la maman de Marcel qui arrive ce soir par avion.

A peine le temps de sortir nos affaires de Gru qui restera parqué juste à côté, de faire quelques lessives et de prendre une bonne douche chaude qu’il est temps de partir pour l’aéroport de Nevşehir, récupérer notre voiture de location et la belle-mère.

La nuit sera courte, mais pour la meilleure des raisons …

Parc national de Göreme

Jeudi 5 mars 2026, le réveil sonne à 5h00 du matin. Ca pique ! Mais un transporteur vient nous chercher à 5h40 pour nous amener dans le parc national de Göreme, pour un vol en mongolfière au lever du soleil. Et nous ne sommes pas seuls, même à cette saison. Nous grimpons dans notre ballon et prenons de la hauteur.

Ce moment est purement magique, suspendu dans les airs. L’aube se lève doucement et ce n’est pas moins de 150 ballons qui s’élèvent au-dessus de l’horizon. Nous découvrons les incroyables cheminées de fées creusées dans le tuf volcanique et les habitations troglodytiques, un paysage complètement irréel.

Nous ne regrettons absolument pas notre réveil super matinal pour assister au lever du soleil sur cet incroyable panorama. Après 1h05 de vol, nous nous posons comme une fleur et sommes ramenés à notre maison. Il est 8h30 et nous retournons nous coucher pour quelques heures.

Uçhisar

Cet après-midi, nous partons découvrir le village d’Uçhisar, célèbre grâce au Kale, rocher visible à plusieurs kilomètres et point culminant de la Cappadoce (1’300 mètres). Ce piton volcanique a été creusé d’abris depuis l’époque hittite (1500 ans av. J.-C.).

La montagne a ensuite servi de refuge aux premiers chrétiens persécutés par les Romains puis aux Byzantins menacés par les Turcs. Labyrinthique, la forteresse abrite un ensemble de salles communes reliées entre elles par un réseau de galeries qui se déploient sur vingt étages. Une merveille de la nature aux formes arrondies et très photogéniques.

En fin de journée, nous regardons le soleil se coucher et allons souper au restaurant Paprika. Nous nous régalons avec un excellent houmous, de bons plats mijotés et une baklava à partager en dessert.

Une journée riche en émotions et remplie de magnifiques souvenirs.

A bientôt …

Ville souterraine de Derinkuyu

Vendredi 6 mars, nous partons visiter la ville souterraine de Derinkuyu, à une trentaine de kilomètres. C’est une ancienne ville sur plusieurs niveaux s’étendant à une profondeur d’environ 85 mètres sous terre. Elle était assez grande pour avoir abrité jusqu’à 20’000 personnes avec le bétail et la nourriture. C’est la plus grande ville souterraine mise au jour en Turquie et l’un des nombreux complexes souterrains découverts à travers la Cappadoce.

La cité servit de refuge aux premiers chrétiens grecs face aux persécutions de l’Empire romain puis de nouveau utilisée pour protéger les chrétiens orthodoxes grecs de la région. Elle fut par la suite utilisée comme lieu de protection contre les Turcs ottomans occupant l’Asie Mineure grecque. Les Grecs vécurent dans la cité jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale lorsqu’ils subirent l’expulsion du pays à la suite d’une politique de purification ethnique de la part des Turcs nationalistes.

Le flux d’aération était assuré par des puits. Elle se composait de grandes cavernes qui servaient d’école et de lieu de cultes, de chambres, de salles d’eau, de cuisine et d’étables pour les animaux. Des chambres spéciales étaient également prévues pour les corps des morts.

Göreme

Après cette visite sous terre, direction la ville de Göreme qui se situe au milieu des nombreuses formations rocheuses appelées cheminées de fée. Elle est également célèbre pour ses maisons troglodytiques creusées dans la roche.

Après une pause gourmande dans un café, nous faisons une jolie balade à travers les ruelles pour découvrir ce surprenant paysage. Juste avant le coucher du soleil, nous nous installons sur un rooftop pour admirer la vue et voir la ville s’illuminer. C’est magnifique !

Ce soir, nous soupons dans le très beau restaurant Nana qui propose des plats turcs revisités en version plutôt chic. Une belle découverte gourmande !

Bonne nuit …

Samedi 7 mars, nous faisons un début de journée tranquille à la villa. Petit-déjeuner tardif et chill jusque dans l’après-midi.

A 16h30, nous avons rendez-vous dans un hammam traditionnel pour une séance de massage de 1h30. Nous sommes accueillis par 4 gentilles dames qui nous prennent en charge. Nous débutons par un sauna bien chaud, poursuivons par un massage de tout le corps et un masque facial à l’argile verte.

Après un moment de repos, nous terminons par un massage turc à la mousse, soin traditionnel réalisé sur une pierre de marbre chaude qui enveloppe le corps dans un nuage de mousse de savon après un gommage avec un gant appelé kese.

Nous ressortons de là tout légers et détendus, quel bonheur ! Ce soir, nous soupons dans le beau restaurant Ferize Meyhane, au centre de Göreme. Nous nous régalons avec d’excellents mezze et des bons plats traditionnels. Une très belle soirée qui conclut cette journée tout en douceur.

A bientôt …

Zelve Open Air Museum

Dimanche 8 mars, nous partons visiter le Musée en plein air de Zelve qui est un ancien village troglodytique avec ses églises byzantines, ses habitations rupestres et ses cheminées de fée. Zone d’habitations troglodytiques majeure abandonnée dans les années 1960 en raison des risques de glissement de terrain, le site offre une expérience fascinante avec de nombreux sentiers qui permettent de découvrir de tout près ces formations rocheuses spectaculaires.

Même s’il fait bien froid, le beau soleil nous permet d’admirer cet incroyable panorama. A notre arrivée, nous avons été accostés par un sympathique monsieur parlant très bien français qui nous a fait de la publicité pour un atelier de tapis qui ouvre ses portes au public aujourd’hui. Nous irons y faire un tout pour en apprendre plus sur ce savoir-faire typique de la région.

Vallée de Paşabağ

Mais avant cela, nous nous arrêtons visiter Paşabağ, plus connue sous le nom de la Vallée des moines. Célèbre pour ses cheminées de fées à plusieurs têtes et son lien profond avec la vie monastique des premiers chrétiens, Paşabağ est une merveille naturelle.

Formée il y a des millions d’années par une intense activité volcanique, des couches de cendres et de tuf se sont déposées dans la région et, pendant des milliers d’années, ont été sculptées par le vent et la pluie pour former les emblématiques cheminées de fées en forme de cône.

Après la légalisation du christianisme dans l’Empire romain, la Cappadoce est devenue un refuge pour les moines, les ermites et les ascètes en quête d’isolement, de discipline spirituelle et de sécurité. L’environnement isolé de Paşabağ et les formations rocheuses naturellement protectrices en ont fait un lieu idéal pour la vie monastique.

En sortant du site, nous nous achetons un jus de grenade frais, un vrai régal.

Avanos

Arrosée par le plus long fleuve de Turquie, le Kızılırmak, Avanos, berceau de la poterie, de la viticulture et du tissage est située au cœur de la Cappadoce. Sur les conseils du monsieur rencontré tantôt, nous faisons une halte dans une manufacture de tapis et le guide francophone sur place nous fait faire la visite.

Nous nous immergeons dans le savoir-faire des tisseuses en admirant leur geste et leur travail. Fabriqués en laine dans des couleurs naturelles ainsi qu’en soie, le choix et la précision des motifs sont incroyables. Une jolie visite pour chlore notre journée de découverte.

Nous mangeons une morce dans le joli restaurant Sarhan où nous nous régalons une nouvelle fois d’une excellente cuisine turque qui ne cesse de nous surprendre par sa variété et ses saveurs.

Bonne nuit …

Safari 4×4 dans la Cappadoce

Lundi 9 mars, journée plutôt tranquille dans notre logement. Alors que nous sommes à la cuisine, on entend miauler sur la terrasse. Une très sympathique minette entre et nous fait une sacrée sérénade. Elle est super caline et tout bien soignée, alors on imagine qu’elle appartient peut-être aux propriétaires. En tout cas, elle semble connaître les lieux et est parfaitement à l’aise à l’intérieur. Elle passera tout l’après-midi entre nos genoux.

A 16h30, nous avons rendez-vous à Avanos pour une sortie en 4×4 (activité réservée via GetYourGuide). Nous embarquons dans le Land Rover de Tahir qui va nous balader durant 2 heures à travers les chemins non carrossables de sa région. Il nous fait découvrir des petits coins secrets et on s’arrête à plusieurs reprises pour faire des photos du sublime panorama.

Lors d’un de ces arrêts, nous passons devant un van aménagé avec des plaques suisses, vaudoises en plus. Nous faisons la connaissance de Ben, Ali et les 3 enfants trop choupis. Ils voyagent à 5 dans un grand van Sprinter qu’ils ont aménagé eux-mêmes. Ils ont traversé les Balkans, la Grèce puis la Turquie et vont jusqu’en Arménie avant de rentrer en Suisse en juin prochain. Une jolie rencontre sur le bord de la route, chaleureuse et spontanée. Une très belle suite de voyage et encore des tonnes de découvertes les copains vaudois !

Vers 18h30, nous faisons notre dernier arrêt au bord d’une magnifique falaise et buvons un verre de mousseux en regardant le soleil se coucher. Nous avons vraiment apprécié cette sortie off road !

Ce soir, nous soupons au Tandir House, autant dire que c’était un régal ! Un cadre magnifique, des entrées originales, des plats savoureux, un excellent verre de vin et un accueil chaleureux et professionnel. On a même tellement aimé le mélange d’épices qu’on est reparti avec 2 pots de 500 grammes, le mélange du chef composé de 40 épices, une tuerie ! Le tout pour une note très raisonnable.

La cuisine turque, c’est vraiment une découverte et un vrai coup de coeur !

Ortahisar

Mardi 10 mars, dernier jour dans notre location, alors c’est rangement dans la maison et dans Gru. Demain, nous quitterons les lieux vers 9h00, ramènerons Christiane et la voiture à l’aéroport et poursuivrons notre découverte de la Turquie pour plusieurs jours encore.

Dans l’après-midi, après avoir fait quelques courses, nous partons découvrir le beau panorama que nous avons au pied de notre location, dans la jolie petite ville de Ortahisar. Ce soir, nous partagerons un dernier bons repas au restaurant tous les trois.

Que cette semaine aura passé vite ! Mais nous avons eu un temps superbe, vécu des expériences inoubliables et découvert cette incroyable région qui nous aura vraiment impressionnés par sa grande beauté.

A bientôt …

Erciyes

Mercredi 11 mars, on quitte notre location direction l’aéroport et on dépose la voiture et la belle-mère. On se reverra très vite, car elle viendra nous rejoindre une semaine en Croatie dans quelques semaines.

De notre côté, nous reprenons la route pour la station de ski de Erciyes. Vous savez, la belle montagne recouverte de neige que nous voyons partout en Cappadoce ? bein c’est là ! Arrivés à 2’200 mètres d’altitude, les paysages sont recouverts de belle neige blanche, c’est beau ! Le domaine skiable se situe entre 2’088 et 3’346 mètre d’altitude et se trouve sur le volcan endormi du même nom.

J’ai trouvé une sorte de caravaneige avec tous les services utiles (eau, électricité) pour 5€ la nuit, c’est imbattable. Y’a même un lave-linge et un sèche-linge et une petite cuisine. Il y a quelques véhicules récréatifs, tous turcs. Et les pistes sont à quelques minutes à pied, c’est vraiment un chouette spot.

Nous nous installons et partons faire un tour à pied. On ne peut pas vraiment parler de village comme on en trouve en Suisse ou en France, c’est plutôt quelques restaurants, des magasins de location de matériel et des hôtels. Mais le domaine skiable est très moderne et un des plus grands de Turquie, avec ses 55 kilomètres de pistes et 14 remontées mécaniques. Marcel trépigne d’impatience.

Pour l’heure, on mange une morce, on fait le tour des magasins de matériel pour demander les prix et c’est plutôt une bonne surprise. La location d’un snowboard et d’une paire de boots coûte moins de 10€ la journée.

Ce soir, petite soirée tranquille dans Gru et au dodo.

Bonne nuit …

Jeudi 12 mars, on se réveille sous un magnifique soleil. Marcel saute dans ses vêtements d’hiver et part rider. Il n’y a pas un chat sur les pistes et le domaine skiable tient toutes ses promesses. Ultra étendu avec de longues pistes et neige excellente. C’est drôle, on choisit son abonnement au nombre de remontées mécaniques que l’on veut, soit environ 2€ par trajet. C’est vraiment très avantageux !

De mon côté, je travaille sur mon blog et au montage de ma prochaine vidéo sur la Grèce. Pas le temps de m’ennuyer. A 16h00, je rejoins Marcel en bas des pistes et on se fait un petit apéro/4h00. Il s’est fait refouler au télécabine car le port du casque est obligatoire sur les pistes turques. Il a dû retourner en louer un au magasin pour 2,95€. En tout cas, il s’est bien éclaté, même si le matériel de snowboard n’était pas top, surtout les boots qui étaient bonnes pour la poubelle.

Comme toute belle journée à la neige qui se respecte, ce soir c’est raclette dans Gru. Christiane nous a ramenés dans ses bagages du bon fromage à raclette suisse, alors on ne va pas s’en priver. Il nous manque juste les cornichons, mais on s’en remettra !

A bientôt …

Site archéologique de Hattusa

Vendredi 13 mars, nous quittons les sommets enneigés pour les plaines du centre de l’Anatolie. Nous roulons jusqu’au site archéologique de Hattusa, capitale puissante de l’Empire hittite au 2e millénaire av. J.-C. Puissant peuple indo-européen surnommé le « peuple aux 1’000 dieux », ils étaient des guerriers redoutables utilisant des chars à 3 personnes et furent, entre autres, des rivaux de l’Égypte.

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le site présente des restes de palais, de temples et des fortifications massives. Comme il s’étend sur plus de 200 hectares, on peut le parcourir en véhicule. C’est très sympa de se balader dans ces lieux incroyables avec notre bon vieux Gru, surtout pour 3€ l’entrée. A quelques kilomètres de là, se trouve le site de Yazılıkaya. Nous visitons ce sanctuaire rupestre orné de reliefs de divinités hittites et de hiéroglyphes.

En fin de journée, nous nous arrêtons à Çankırı pour dormir. Demain, nous serons au bord de la Mer Noire.

Bonne nuit …

Cide à Amasra

Samedi 14 mars, nous quittons le centre de l’Anatolie avec ses paysages arides pour la Mer Noire et son panorama vallonné et verdoyant. C’est incroyable le changement en quelques centaines de kilomètres.

Notre première halte est à Cide. Nous retrouvons la mer et les palmiers, même s’il ne fait pas vraiment chaud, un pauvre petit 9 degrés. Comme il est encore tôt, nous décidons de faire la route costale jusqu’à Amasra. A la sortie de la ville, mauvaise surprise, la route est fermée et la déviation nous fait grimper méchamment à travers de petits chemins très pentus et caillouteux. Ca passe tout juste. Heureusement, quelques kilomètres plus loin, nous retrouvons la route costale.

Après un arrêt pour quelques photos de la baie de Gideros et au bord de la plage de Karaman (un gentil toutou a gagné un petit stick à mâcher et quelques croquettes), nous roulons jusque dans la petite ville portuaire d’Amasra. Pas simple de circuler dans les petites ruelles avec les voitures mal parquées ou en double file (sport national en Turquie). Nous nous rabattons sur le parking au bord de la baie, la vue est jolie mais le tarif est exorbitant (presque 20€ pour 24h). Mais après plus de 350 kilomètres parcourus aujourd’hui, on a pas le courage de rouler plus loin.

Nous profitons de la fin de journée pour marcher dans la ville, faisons quelques emplettes et montons jusqu’aux ruines de la forteresse. Puis, nous nous arrêtons dîner dans un resto de poissons, c’est la spécialité ici. Marcel prend d’excellents calamars et moi une salade et des anchois frits. Plutôt pas mal, même si l’incroyable nourriture de la Cappadoce nous manque déjà.

A bientôt …

Canyon de Tokatlı

Dimanche 15 mars, nous nous rendons au canyon de Tokatlı, site naturel impressionnant formé par l’érosion du ruisseau Hızar. Il est célèbre pour sa terrasse en verre de 80 mètres de haut offrant une vue panoramique sur les gorges et l’aqueduc d’İncekaya construit au 18e siècle, qui, avec ses 116 mètres de long, surplombe une partie du canyon.

Nous commençons par descendre dans les gorges par une passerelle en bois, puis marchons quelques minutes avant d’être stoppés net par un arbre qui est tombé au milieu du chemin. L’autre passerelle un peu plus loin est aussi en triste état. Le site est officiellement fermé pour travaux. Pour le moment, rien ne semble avoir bougé depuis un certain temps, c’est dommage !

Nous remontons et rencontrons un charmant minou que nous avons nommé « Giorgio ». Après une pause câlins, nous marchons jusqu’à la plateforme en verre et payons les 75 TL par personne (1,50€) pour admirer la vue. Pour terminer, petit thé turc sur la terrasse avant de retourner sur le parking où nous passerons la nuit prochaine. A notre retour, nous sommes accueillis par plusieurs minous, dont notre ami Giorgio. Ration de croquettes pour tout le monde !

Ce soir, nous sommes seuls sur le site, la nuit devrait être bonne.

A demain …

Safranbolu

Lundi 16 mars, nous roulons 10 minutes et nous voici à Safranbolu, ville ottomane typique. Avec ses rues pavées et ses maisons typiques, elle a joué un rôle important dans le commerce caravanier pendant de nombreux siècles. La cité s’est développée après la conquête par les Turques au 11e siècle et elle est devenue une halte importante sur la piste caravanière qui reliait l’Anatolie occidentale à Sinop, port de commerce situé sur le littoral de la mer Noire.

A partir du 17e siècle, Safranbolu devient non seulement un important carrefour commercial et artisanal, mais aussi le principal centre de production turque du safran. Cet « or rouge » extrêmement recherché qui provient des stigmates séchés des fleurs du Crocus Sativus (il faut entre 150’000 et 200’000 fleurs pour obtenir 1 kilo de safran) a non seulement fait la fortune et la renommée de la ville, mais lui a aussi donné son nom, « la ville du safran », Safranbolu, en turc.

La culture du safran est toujours pratiquée aujourd’hui, bien que la production soit devenue une activité de niche hautement spécialisée. La récolte manuelle et laborieuse a lieu entre fin septembre et mi-novembre. Nous n’aurons malheureusement pas l’occasion d’apercevoir les champs couverts d’une belle couleur violet, mais cela ne nous empêchera pas d’en goûter et d’en ramener dans nos valises.

Nous descendons dans la vieille ville et nous nous arrêtons manger sur la terrasse d’un petit restaurant. Nous nous régalons avec un plat de manti, petits raviolis farcis à la viande et un ragoût de boeuf avec son riz safrané. Et pour accompagner les plats, du thé au safran bien sûr. La recette n’est pas compliquée, de l’eau chaude et quelques pistils de safran que l’on laisse infuser 2-3 minutes.

Puis, nous déambulons dans les ruelles du vieux bazar, faisons quelques emplettes et admirons les anciennes maisons en bois. Les commerçants nous arrêtent pour nous faire déguster leurs pâtisseries, toujours avec le sourire et sans insistance. Nous passons par le bazar des forgerons et 2 messieurs nous proposent de venir voir la curiosité du coin. En plein cœur de Safranbolu, le canyon d’Akçasu, merveille naturelle cachée s’offre sous nos yeux, avec ses profondes crevasses creusées par le ruisseau Akçasu. Lorsque nous leur disons que nous venons de Suisse, l’un deux nous explique qu’il est allé en Suisse pour visiter une usine. Même si nous avons de la peine à nous comprendre, ils nous font entrer dans leur boutique et nous offrent une tasse de thé. Un joli moment de partage !

Nous visitons ensuite le petit musée du café turc qui raconte l’histoire des ustensiles du café turc. Nous pouvons y voir la tasse dans laquelle Mustafa Kemal Atatürk, premier président de la république de Turquie de 1923 à 1938 sirotait son café, des moulins à café centenaires, des mortiers, des cafetières ainsi que de nombreux articles spéciaux qui mettent en lumière la culture du café turc.

Après un dernier thé sur une terrasse, nous reprenons la route en fin de journée. Ce soir, nous nous arrêtons dormir au bord du lac de Yeniçağa. Bonne nuit …

Mudurnu / Ville fantôme de Burj Al Babas

Mardi 17 mars, nous nous arrêtons visiter une vraie curiosité que j’ai découverte sur le blog d’autres voyageurs. Un lotissement entier abandonné près de la ville de Mudurnu. Le projet Burj Al Babas impliquait la construction de 732 villas de luxe de 3 étages, dans un style « petit château » et toutes similaires.

La construction du complexe a commencé en 2014, faisait travailler 2’500 travailleurs et devait être terminée en 4 ans. Le développement a été un succès à l’origine avec environ la moitié des châteaux vendus à l’avance à de riches investisseurs arabes désireux de profiter du climat turc et des eaux thermales de la région.

En 2018, la chute des prix du pétrole, l’instabilité en Turquie et le COVID-19 ont fait stagner les ventes, ce qui a finalement provoqué la faillite du promoteur. Sur les 732 maisons prévues, 587 ont été commencées mais aucune n’a été terminée.

Aujourd’hui, malgré une reprise plus qu’incertaine du chantier, le site est toujours gardé et sous surveillance vidéo. Plusieurs visiteurs se sont fait refouler à l’entrée alors pas sûr que nous puissions nous balader à l’intérieur. Nous nous arrêtons à la hauteur du poste de garde et un gentil papy vient à notre rencontre. Nous lui demandons si nous pouvons visiter le site et il nous dit que c’est possible moyennant l’équivalent de 10€/personne. Argent qui finira très certainement dans sa poche mais tant mieux pour lui, il est vraiment sympa. Nous avons fait le chemin jusqu’ici et l’endroit est vraiment unique, alors départ. Mais nous n’avons plus beaucoup de cash, alors on fait les fonds de tiroirs. Nous lui refilons finalement 600 TL (environ 11€) et un billet de CHF. 10.– (également 11€).

Nous voici enfin sur ce lotissement fantôme. C’est un étrange mélange entre un village Disney et de l’urbex. C’est franchement incroyable, des maisons-châteaux à perte de vue, sur une surface de 30 hectares. Il y en a partout, à des stades de construction très différents. Nous entrons dans une dont le gros oeuvre est terminé, c’est impressionnant !

A l’extérieur, nous déambulons un peu au hasard et nos yeux ne savent plus où se poser. Au centre, une structure en forme de dôme devait accueillir un centre commercial, des installations de santé et de beauté, des bains turcs, une mosquée, une salle de cinéma et d’autres installations ouvertes aux résidents. Nous imaginons le nombre d’ouvriers qui ont dû travailler ici, qui n’ont plus été payés et qui se sont retrouvés au chômage. Ce spectacle est vraiment hallucinant et triste à la fois.

A la sortie, nous saluons le gentil gardien et ce dernier nous explique que ce projet, destiné uniquement aux gens du Moyen-Orient, ne verra probablement jamais le jour. C’est une honte pour lui et le peuple turc. Nous le remercions chaleureusement pour son accueil et reprenons la route.

Nallihan / Sanctuaire des oiseaux

Dans l’après-midi, nous arrivons au sanctuaire des oiseaux, zone humide de 425 hectares créée par le barrage de Sarıyar. Véritable paradis pour l’observation de la faune, il abrite plus de 200 espèces d’oiseaux migrateurs et résidents, surtout au printemps.

Des miradors et une grande plate-forme permettent d’observer les habitants des lieux et offrent une vue époustouflante sur les formations géologiques uniques de la région avec ses couches de sédiments rouges, jaunes, brunes et vertes. C’est superbe ! Après un petit pique-nique et une visite du centre, nous nous parquons juste avant l’entrée, sortons nos chaises et profitons du soleil toute la fin de journée. Munis d’une paire de jumelles, nous admirons les cormorans ramassant des algues pour faire leur nid et les élégantes aigrettes perchées sur leurs échasses. Un ballet incessant et très relaxant. Puis, nous entendons des hurlements et apercevons plusieurs gros chacals dorés qui courent dans les hautes herbes. On est gâté !

Nous attendions le coucher de soleil sur les collines mais quelques nuages viennent jouer les trouble-fêtes. Pas grave, nous avons pu apprécier le paysage tout l’après-midi et la fin de journée.

A demain …

Mercredi 18 mars, nouvelle journée de réparation sur Gru. Hier après-midi, Marcel s’est rendu compte qu’une des attaches supérieures de notre porte-vélo commençait à se dévisser de la carrosserie. Afin d’éviter la déconvenue arrivée à Pompéi, il est nécessaire de comprendre ce qu’il se passe et de réparer tout de suite. Surtout que l’on ne sait pas depuis combien de temps le support commence à se barrer.

Marcel se rend compte que les 2 vis qui tiennent l’attache d’origine du porte-vélo sont complètement rouillées et l’une d’elle n’est même pas fixée dans la structure en bois. Quelle horreur, cela aurait pu céder à tout moment !

Mais bien évidemment, nous n’avons pas le matériel approprié dans la multitude d’affaires que nous avons prises avec nous. Marcel aimerait mettre 2 longs boulons (sorte de longues vis) à travers l’attache puis fixés avec des écrous à l’intérieur. Par chance, nous trouvons un magasin de construction à 8 minutes d’où nous sommes. Mais comme nous avons peur de perdre notre porte-vélos avec nos vélos dessus, nous les descendons, les attachons sur le parking où nous avons dormi et partons en camping-car chercher le nécessaire.

A notre retour avec le matériel, nous enlevons également le porte-vélo, histoire que Marcel ait de la place pour bricoler. Il enlève l’attache, la nettoie comme il faut, remet du mastic pour l’étanchéité et place les nouveaux boulons et écrous. Ca tient du feu de dieu ! Entre deux, on mange une morce en vitesse au soleil puis on range tout et on remonte le porte-vélo et nos vélos. Il est 15h30 lorsque les réparations et les rangements sont terminés. Et bien sûr, Marcel a du « vrai » job qui l’attend toute la fin de l’après-midi.

Pas la peine de se déplacer ce soir, nous restons encore une nuit au sanctuaire des oiseaux. Heureusement, le spot est toujours aussi beau et paisible.

Bonne nuit …

Jeudi 19 mars, il est temps d’avancer un peu et de quitter ce bel endroit. Le temps est bien maussade ce matin alors pas de regret. Nous avons prévu de rouler jusqu’à la Mer Noire aujourd’hui, à la hauteur d’Istanbul, soit environ 350 kilomètres à parcourir. Si le début se fait dans de bonnes conditions, nous arrivons en fin de journée à notre spot sous la pluie et le brouillard. Je crois que la Turquie nous invite à nous en aller car la météo annonce une semaine de pluie !

Nous passons la nuit au bord de la Mer Noire, dans un spot sympa rempli de chiens mais très sale. Nous avons peu dormi cette nuit car le vent s’est violemment levé en fin de soirée et nous avons été brassés toute la nuit. Vers 6h00 du matin, nous décidons même de nous déplacer pour nous mettre à l’abri. Du coup, nous avons redormi un peu et c’est 10h30 lorsque nous émergeons. Raté pour passer la douane de bonne heure, surtout qu’il nous reste plus de 3h00 avant d’y arriver.

Nous nous mettons en route, toujours sous une pluie bien battante. Après un arrêt pour nous recharger en eau, faire le plein et manger une dernière morce, nous passons la frontière vers 15h00. Et contrairement à l’aller, le passage entre la Turquie et la Grèce se fera en moins de 30 minutes (contre 2h30 à l’aller).

Notre avis sur le pays

Güle güle la Turquie ! Quelle formidable découverte et que de rencontres improbables et chaleureuses. C’est vraiment un pays que nous aurons eu grand plaisir à découvrir, même si nous n’en avons découvert qu’une partie. Une énorme diversité de paysages et de climat, un pays très vallonnée et de très hauts plateaux. Un petit coup de coeur pour la péninsule de Datça et bien sûr la merveilleuse Cappadoce et ses paysages enchanteurs. Et nous avons été particulièrement séduits par l’excellente nourriture, principalement en Cappadoce. Et le prix du diesel particulièrement avantageux !

Et surtout, partout où nous avons été, l’immense gentillesse des turcs, toujours prêts à rendre service, à nous offrir du thé, même si nous sommes des inconnus et a échangé quelques mots, même si nous ne parlons pas la même langue. Une grande générosité de coeur qui nous aura fait beaucoup de bien en ces temps plutôt maussades.

Dans les points plus négatifs, nous relèverons un pays extrêmement fliqué avec une forte présence policière sur les routes et des caméras absolument partout, même dans les endroits déserts. Mais ils ont toujours été très cordiaux, il faut le dire. Et les limitations de vitesse sur les routes sont très mal indiquées, on ne sait jamais trop à quelle vitesse rouler ! Et les indications de vitesse du GPS ne fonctionnent pas en Turquie. Nous nous sommes d’ailleurs chopés une amende de 3’000 TL (environ 55€) pour un dépassement de vitesse à Pammukale ! Autre déconvenue, la StarLink ne fonctionne pas en Turquie (interdiction du gouvernement) et le réseau 4G est une catastrophe dans certains coins.

Malgré tout, la Turquie figurera pour sûr dans notre top 5 des pays à visiter !

Retrouvez toutes nos autres escapades ici.

Notre itinéraire en Turquie

Notre itinéraire en Europe jusqu’à ce jour

8 commentaires

  1. Christiane

    Que de kilomètres parcourus et de pays traversés mais encore beaucoup pour qu’on puisse se retrouver très bientôt.
    Bonne route parce ce que je ne vois pas de ferries qui pourraient vous faciliter le trajet.
    En tout cas félicitations au conducteur et à la copilote.
    Gros bisous à tous les Deux.
    Mamy Christiane

    1. Oui, ça commence à chiffrer. 12 pays si je compte bien ! Ca fait en effet quelques kilomètres. Un grand merci de suivre fidèlement nos aventures, c’est chouette. Gros bisous et rdv très vite en Croatie. Gros biszszsoux.

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